Introduction

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L’exploitation des richesses naturelles par les sociétés humaines remonte au moins à l'époque du néolithique. Mais du fait de la croissance démographique et de l’industrialisation, elle a connu une très forte croissance au XIXème siècle, et s’est accélérée depuis la fin du XXème siècle par l'émergence des pays en développement. Cette croissance économique des pays émergents de même que leur croissance démographique occasionne une pression toujours plus importante sur les ressources naturelles terrestres, et dont le corollaire n’est autre que le réchauffement climatique. En effet, le charbon au XIXème et au XXème siècle puis le pétrole et le gaz du début du XXème siècle jusqu'à nos jours sont des ressources fossiles dont la combustion engendre une production massive de gaz à effet de serre, dont les effets sur le réchauffement climatique fait aujourd’hui l’objet d’un quasi consensus au sein du monde scientifique. Si l’ensemble des régions du monde font l’objet d’une exploitation de leur ressources par les sociétés humaines, jusqu’ici l’Arctique était une région épargnée du fait de l’importance de sa calotte glacière, rendant difficile sinon impossible l'accès aux ressources qu’elle renferme. Cette région, située au nord du cercle polaire de l'hémisphère nord, est une des plus froides sur Terre. Elle est donc une des premières à être directement affectée par ce réchauffement climatique. Toutefois, ce phénomène, entraînant la fonte des glaciers, rend l’exploitation possible en exposant ces ressources naturelles ainsi que des nouvelles routes maritimes. Cette nouvelle opportunité d’exploitation est donc l’objet d’un débat entre les puissances du monde: l'Arctique est-elle une région comme une autre à exploiter, ou un territoire exceptionnel à sanctuariser?
Dans un premier temps nous présenterons la région de l’Arctique à travers son climat, sa biodiversité, et son histoire. Ensuite, nous verrons les enjeux géopolitiques, économiques et écologiques autour de cette région, puis les débats et acteurs ainsi que leurs intérêts autour des questions concernant celle-ci.

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L'Arctique est-elle une région comme une autre à exploiter, ou un territoire exceptionnel à sanctuariser ?

Présentation générale de l'Arctique

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Géographie

L’Arctique est un continent principalement recouvert de glace, qui représente 98 % de la surface. On l'appelle inlandsis Il compte comme le continent le plus élevé du monde avec une altitude moyenne de 2300 mètres. Ce dernier représente un espace de 21 millions de km2 particulier : c’est à la fois un continent avec 40% de terre et un océan avec 60% de mer. Il est le plus petit océan mondial avec 13,5 millions de km La quasi-totalité de l'épaisseur de l'inlandsis est de près de 5.000 mètres.

Enjeux actuels autour de l'Arctique

Enjeux écologiques autour de l’Arctique

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L’Arctique est l’une des régions les plus touchées par le réchauffement climatique. Dans le grand nord canadien, les températures moyennes ont augmenté de 2,3 degrés depuis 1948. En période estivale, elle s’étend sur moins de 5 millions de km2 (2017), contre 6,6 millions en moyenne sur la période 1979-2010, ce qui correspond à un déficit de 24%. Le record de plus faible extension date de 2012 avec 3,4 millions de km2. Et ce phénomène est continu : d’après une analyse parue en février dans la revue Geophysical Research Letters, la banquise pourrait disparaître totalement en été d’ici 20 ans seulement, permettant la création de nouvelles routes pour le commerce maritime.

Débats et acteurs autour des questions concernant l’Arctique.

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L’Arctique, véritable enjeu mondial suscite autant l’intérêt que l’inquiétude de plusieurs. Au-delà des acteurs riverains, d’autres convoitent cet espace ou encore observent prudemment son évolution. Depuis la dernière décennie voire un peu plus, cette attention renouvelée et plus large s’explique par le réchauffement climatique qui affecte la planète et en premier lieu cette région, la fonte de la banquise libère des glaces, la mer et le sol des régions du nord de l'Europe, de la Russie et du continent américain.

Cet handicap climatique qui inquiète la planète facilite hélas l’accès à des ressources que l'on estime nombreuses et riches, Cette situation suscite à la fois la convoitise et la spéculation que l’inquiétude de l’effondrement de l’écosystème. Il est donc question d’économie et d’environnement. Cet ainsi que le fantasme ancien d'une route maritime passant le long des côtes arctiques de Russie ou du Canada refait surface.

Grandes puissances, acteurs régionaux, pays asiatiques, nombreux nourrissent des ambitions propres au lieu de se soucier de l’effet dévastateur que la fonte de la banquise entrainerait.  Cela nous conduit à la question cruciale de la gouvernance actuel de l’Arctique : qui et comment ?

L’Union européenne et la France plusieurs en retrait jouent les observateurs contrairement aux membres du Conseil de l’Arctique, acteurs de premier plan. Le Groenland, territoire le plus convoité notamment par les États-Unis qui estime que l'île danoise correspond à la prolongation de leur plateau continental occasionne des tensions.

Cet intérêt autour de l’Arctique s’explique également par le caractère unique de ce territoire à la fois extrême et unique qui s'étend du pôle Nord au cercle polaire arctique, un peu plus de 21 millions de km2, englobant l'océan Arctique, les régions septentrionales de Norvège, Islande, Suède, Finlande, les archipels du grand nord canadien, le Groenland (Danemark), les côtes les plus au nord de la Russie et l'Alaska (États-Unis). Bordé par l'Europe, l'Asie et l'Amérique, l'océan Arctique s'étend sur plus de 14 millions de km2, au sud avec l'océan Atlantique, et à l'ouest avec l'océan Pacifique. L'Arctique, contrairement à l'Antarctique est un océan entouré de terres.

Par ailleurs, les nouvelles possibilités d'exploitation des minerais en Arctique constitue un véritable tournant dans la gestion de cet espace, cette nouvelle mine d’or ne manque pas de réveillera l’appétit des plusieurs états. Le Zinc, le fer, le plomb, le nickel, l’étain, le platine, l’uranium, les diamants, l’or voilà ce qui aiguise et renforce l’intérêt de tous. Des pistes d’exploitation et de bénéfices sont sérieusement envisagés par toutes les parties prenantes.

D’autre part, le Groenland, nouvel eldorado avec le recul de la banquise est le plus important, il s’agit de concéder le plus de permis de prospection, une autre source de conflits. Le sous-sol groenlandais recèlerait aussi entre 12 et 25 % des réserves mondiales de terres rares, ce qui en fait un concurrent potentiel pour la Chine, qui dispose d'un quasi-monopole sur l'exploitation.

Des débats géopolitiques majeurs

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Les 8 états arctiques, Canada, Danemark, États-Unis, Finlande, Islande, Suède, Norvège et Russie, sont au cœur des débats que suscite l’Arctique, mais la Chine avec l’achat de la mine crée des tensions entre les huit pays qui bataillent pour garder le contrôle total de cette ressource. L’Arctique peut même être qualifiée de nouvelle région de rivalité sino-américaine. Les nouvelles voies maritimes en cours de création à cause du réchauffement climatique sont évidemment le point central du débat entre les États-Unis qui a envoyé une flottille de l’OTAN, la Russie qui a la suprématie militaire et la Chine principalement.

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Nouvelles voies maritimes en cours de création à cause du
réchauffement climatique → le point central du débat entre
les États-Unis, la Russie et la Chine.

Des enjeux économiques qui suscitent le débat

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Depuis le milieu du XXème siècle le Canada et la Russie exploitent des gisements miniers et gaziers ainsi que des puits d’hydrocarbures sur leurs territoires respectifs. Depuis la période soviétique, la Russie est très active dans la péninsule.

Les enjeux étaient géostratégiques et militaires ; mais avec le réchauffement climatique occasionnant tout à la fois la fonte du permafrost, le recul des glaciers et la fonte de la banquise (réduction spatiale et volumique progressive), les convoitises en Arctique s’accentuent : l’accès aux ressources naturelles et l’ouverture de la voie maritime du passage du Nord-Est attirent désormais de nouvelles puissances pour des raisons économiques et commerciales.

Plusieurs industries opèrent en Arctique, à travers l'Arctique, ou à la périphérie du cercle polaire arctique : la pêche et l’exploitation forestière, l'exploitation minière (pétrole, gaz, minéraux), le transport maritime, la fabrication et la transformation (poisson, électronique), le tourisme polaire, et autres industries de services associées aux implantations humaines telles l'éducation, la santé, l'administration, les services postaux, boutiques et restaurants, l'hydroélectricité et les parcs éoliens, et la défense nationale.

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Le tourisme est aussi une source de débats mineurs mais bien réelle puisqu’on peut observer une forte montée de celui-ci et de l'intérêt du public pour l’Arctique, ainsi on parle d’un nouveau “tourisme de masse” aux îles Svalbard, les conditions extrêmes deviennent alors un point d’attractivité pour des activités comme l'alpinisme et les nombreuses découvertes enfermées dans la glace suscitent la curiosité.  

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ONU :

Les ressources hélio marines 

L’ONU cherche aussi à protéger les eaux et l’océan Arctique central du problème de la surpêche et préserver les écosystèmes uniques qu’ils abritent.

Des enjeux environnementaux cruciaux dans le cadre du réchauffement climatique

Bien qu’ils rentrent également dans les débats concernant la protection de l’environnement et du climat en Arctique, les risques naturels qui y sont déjà présents et qui ne vont qu’en s’aggravant sont également menaçant plus directement pour les populations et la faunes sur les lieux ; ainsi les nombreux incendies et les glissements de terrains dévastateurs reporté cette année doivent également être pris en compte dans cette question puisqu’ils impactent également les infrastructures sur place.

GIEC : Groupe International d’Experts sur le Changement Climatique

Un des principaux facteurs des bouleversements récents que connaissent les régions arctiques et qui les affectent de manière différenciée est le climat. Le rythme régulier des alertes du GIEC, Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, rappelle les importantes conséquences du changement climatique pour les écosystèmes et les sociétés humaines. C’est la combinaison entre l’augmentation de l’effet de serre, le réchauffement de la température de l’air et la réduction de la banquise qui est responsable de cette très forte hausse des températures. Le GIEC cherche donc à alerter des conséquences que cela a sur la banquise de l’Arctique dont la superficie diminue dangereusement et la fonte ne fait qu'accélérer. 

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UNESCO : Archéologie et compréhension du monde

L'UNESCO est intéressée par les découvertes archéologiques faites en Arctique, principalement dans les carottes de glaces qui contiennent des fossiles et des squelettes figés dans la glace. Ceci est donc un bien collectif à préserver et protéger afin de continuer ses études et analyses. 

Conclusion

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Ainsi, l’Arctique devient une sorte de terrain de jeu pour les différentes puissances, du fait de la multipolarisation du monde, l’émergence de puissance désormais capable d’exploiter et de mener des expéditions en Arctique. De ce fait, l’Arctique est une zone génératrice de multiples tensions et débats, qu’ils soient environnementaux, culturels, économiques ou simplement législatifs mais ces questions sont actuellement traitées et évaluées.