Sujet: Les libertés individuelles face à l’intelligence artificielle, le big data et la robotique
Comment organiser la coexistence des libertés individuelles et les nouvelles avancées en intelligences artificielles sur le plan international? 

Introduction

 

L’intelligence artificielle a pour but d’aider l'humanité dans les tâches quotidiennes, mais avec l’utilisation malicieuse du big data, dans certains endroits du monde, les libertés individuelles se retrouvent menacées. Les techniques d’intelligence artificielle (IA) ont un potentiel formidable, les opportunités sont nombreuses mais soulèvent aussi des enjeux éthiques . Ces questions couvrent de nombreux domaines comme l’utilisation des données personnelles, les impacts écologiques non négligeables mais également l'arrivée de robots autonomes capables d’effectuer des tâches par eux-mêmes. 

 

I. Présentation du sujet : Big Data, IA, libertés individuelles, … 
I.1. Contexte historique de la naissance du Big Data : 

Depuis au moins le premier siècle avant notre ère, l'Homme s'est penché sur la création de machines capables d'imiter le raisonnement humain. Le terme « intelligence artificielle » a été créé plus récemment, en 1955 par John McCarthy. En 1956, John McCarthy et ses collaborateurs ont organisé une conférence intitulée « Dartmouth Summer Research Project on Artificial Intelligence » qui a donné naissance au machine Learning, au deep Learning, aux analyses prédictives et, depuis peu, aux analyses prescriptives. Un nouveau domaine d'étude est également apparu : la science des données. 

L’explosion quantitative des données numériques a obligé les chercheurs à trouver de nouvelles manières de voir et d’analyser le monde. Il s’agit de découvrir de nouveaux ordres de grandeur concernant la capture, la recherche, le partage, le stockage, l’analyse et la présentation des données. Ainsi est né le « Big Data ». Il s’agit d’un concept permettant de stocker un nombre indicible d’informations sur une base numérique. Selon les archives de la bibliothèque numérique de l’Association for Computing Machinery (ou ACM) dans des articles scientifiques concernant les défis technologiques à relever pour visualiser les « grands ensembles de données », cette appellation est apparue en octobre 1997. En effet, nous procréons environ 2,5 trillions d’octets de données tous les jours. Ce sont lesinformations provenant de partout : messages que nous nous envoyons, vidéos que nous publions, informations climatiques, signaux GPS, enregistrements transactionnels d’achats en ligne et bien d’autres encore. Ces données sont baptisées Big Data ou volumes massifs de données. L’arrivée du Big Data est maintenant présentée par de nombreux articles comme une nouvelle révolution industrielle semblable à la découverte de la vapeur (début du 19e siècle), de l’électricité (fin du 19e siècle) et de l’informatique (fin du 20e siècle). D’autres, un peu plus mesurés, qualifient ce phénomène comme étant la dernière étape de la troisième révolution industrielle, laquelle est en fait celle de « l’information ». Dans tous les cas, le Big Data est considéré comme une source de bouleversement profond de la société. 

Ainsi, de nos jours, la robotique est omniprésente. Pour usage domestique ou professionnel, public ou privé. La robotique possède de nombreux champs d’applications comme la robotique industrielle ou la robotique de service. Qu’il s’agisse de robot civil ou militaire, il existe désormais des robots capables d’étonnantes prouesses dans de nombreux secteurs : robots-compagnons assistant les personnes à domicile ou en charge de la surveillance et des soins, robots assurant la logistique dans les hôpitaux, robots assistants les industriels dans la réalisation de gestes pénibles et répétitifs, ou encore permettant le développement de prothèses ou d’orthèses intelligentes. 

Cependant, l’irruption dans nos vies de l’intelligence artificielle et son expansion font l’objet d’une attention particulière de la part des pouvoirs publics depuis que nous avons connu des exemples d’utilisation qui ont attiré l’attention et inquiété les citoyens. Ces pratiques ont donc mis en cause la garantie des libertés individuelles. L’intelligence artificielle (IA) est aujourd’hui l’un des piliers de l’innovation technologique au sein des entreprises. Une étude d’IBM montre que 82% des entreprises envisagent déjà d’intégrer l’IA dans leur processus pour éviter de prendre du retard par rapport à la concurrence. L’enjeu majeur à ce stade est d’orienter cette technologie vers les axes qui seront les plus profitables pour les sociétés. L’IA est une technologie qui permet aux ordinateurs de simuler l’intelligence humaine grâce notamment au « machine learning ». Les algorithmes développés dans ce cadre donnent aux ordinateurs la capacité d’acquérir de nouvelles informations, de raisonner, et de s’autocorriger. Les programmes de machine learning analysent des quantités astronomiques de données dans des intervalles restreints, et représentent ainsi l’une des branches majeures de l’IA que les entreprises cherchent à adopter et à intégrer dans leurs systèmes d’information. Le deep learning, dérivé du machine learning, est l’une des méthodes utilisées dans ce cadre. Elle s’inspire du réseau des neurones du cerveau humain et consiste en une démarche d’apprentissage dite par couches. Un exemple simple de deep learning est un algorithme qui apprend d’abord les lettres avant d’apprendre des mots entiers. Ces programmes permettent aux applications de produire des résultats avec une meilleure précision et de réaliser des prédictions sans besoin de développement supplémentaire. Il est donc évident que la force du machine learning, et de l’IA plus généralement, réside dans sa capacité à traiter la donnée, d’où son lien étroit avec le Big Data. 

I.2. Libertés individuelles face à ces avancées technologiques: 

L’intelligence artificielle est de plus en plus présente dans nos quotidiens. Elle a été créée pour être au service de l'humain en lui simplifiant de nombreuses tâches (recherches internet, trie des courriers indésirables,...). Son importance dans l'économie mondiale ne cesse d’augmenter avec des dizaines de milliards de dollars d’investissement dans ce domaine. Au niveau politique, l’IA détient également une place importante avec une “course” entre les gouvernement puissances mondiales de mener des progrès dans ce domaine attire par les opportunités que peut lui offrir telle technologie. On peut notamment citer le président russe Vladimir Putin qui dit « Celui qui deviendra leader [en intelligence artificielle] sera le maître du monde ». Cela montre l’enjeu que représente l’IA pour ces puissances. Cependant, son développement peut porter atteinte à plusieurs libertés et droits fondamentaux comme toucher aux questions relatives à la bioéthique, au progrès médical,aux dispositifs d’espionnage et de vidéosurveillance, à la collecte de différents types de données, à l’identification et à la localisation des personnes. 

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I.3. Définitions des termes principaux du sujet :

Libertés individuelles : Ensemble des droits reconnus aux individus en tant que tels, quels que soient leur pays, leur origine ethnique ou sociale, leur sexe, leurs croyances religieuses ou politiques. Ce droit est accordé à chaque individu d'agir comme il l'entend sans recourir à des mesures de privation de liberté (emprisonnement, astreinte à résidence, interdiction de se déplacer, hospitalisation sans consentement, etc.). hormis dans les situations prévues par la loi. Elle est l'une des libertés fondamentales reconnues dans la Constitution française et également par les lois de la République). Ce qui signifie que les libertés individuelles sont ce qu' il y a de plus important pour un individu de nos jours. Mais libertés individuelles ne veut dire faire tout ce que nous chante puisque certes on peut profiter de notre liberté comme on le souhaite, mais il faut bien faire attention à ce que cela ne nuise pas à la liberté d' autrui. Voilà pourquoi il a été mis en place par la loi des limites à ne pas dépasser afin de garantir les libertés de tout le monde. 

Big data

Ces termes signifient mégadonnées, grosses données ou encore données massives. Le Big Data est un domaine qui traite des moyens d'analyser, d'extraire systématiquement des informations ou de traiter d'une autre manière des ensembles de données trop volumineux ou complexes pour être traités par un logiciel d'application de traitement de données traditionnel. Étant un objet complexe polymorphe, sa définition varie selon les communautés qui s’y intéressent en tant qu’usager ou fournisseur de services. Ce concept regroupe une famille d’outils qui répondent à une problématique dite règle des 5 V: Volume (la grande quantité d’information contenue dans ces bases de données.) ; Vélocité (la vitesse de leur création, collecte, transmission et analyse.) ; Variété (les différences de natures, de formats et structures.) ; Valeur (la capacité de ces données à générer du profit.) ; Véracité (leur validité, i.e. qualité et précision ainsi que leur fiabilité.)

Robotique

 La robotique est une branche interdisciplinaire de l'informatique et de l'ingénierie. La robotique implique la conception, la construction, l'exploitation et l'utilisation de robots. Le but de la robotique est de concevoir des machines qui peuvent aider et assister les humains. La robotique développe des machines qui peuvent se substituer aux humains et reproduire les actions humaines. Les robots peuvent être utilisés dans de nombreuses situations à de nombreuses fins, mais aujourd'hui, beaucoup sont utilisés dans des environnements dangereux (y compris l'inspection de matières radioactives, la détection et la désactivation de bombes), des processus de fabrication ou là où les humains ne peuvent pas survivre (par exemple dans l'espace, sous l'eau, dans des conditions de chaleur élevée, et le nettoyage et le confinement des matières dangereuses et des rayonnements).

Intelligence artificielle

L'intelligence artificielle (IA) est l'intelligence démontrée par les machines, par opposition à l'intelligence naturelle affichée par les animaux, y compris les humains. Les principaux manuels d'IA définissent le domaine comme l'étude des « agents intelligents » : tout système qui perçoit son environnement et prend des mesures qui maximisent ses chances d'atteindre ses objectifs. Certains récits populaires utilisent le terme « intelligence artificielle » pour décrire des machines qui imitent les fonctions « cognitives » que les humains associent à l'esprit humain, telles que « l'apprentissage » et la « résolution de problèmes », cependant, cette définition est rejetée par les principaux chercheurs en IA. L'IA se retrouve implémentée dans un nombre grandissant de domaines d'application. Les domaines d'application de l'intelligence artificielle sont nombreux. Elle est présente dans la photographie, dans le domaine militaire, dans le secteur des finances, en médecine, en robotique, dans les jeux vidéo, dans les transports et les industries.

L'évolution de l'IA
 

Le développement dans les années 80 et 90 des « réseaux de neurones artificiels » et de l’apprentissage profond donnera un second souffle à cette discipline jusque-là plutôt marginale. Dès 2010, le secteur connaîtra un véritable essor avec l’amélioration de la puissance de calcul des ordinateurs, d’un côté, et la croissance exponentielle des données, de l’autre. 

Aujourd’hui, il n’existe toujours pas de définition commune. De manière générale, il est question de reproduire et d’améliorer les capacités humaines grâce à des machines et à des logiciels en s’appuyant sur des technologies émergentes comme la robotique et les mégadonnées (big data). 

II. Les enjeux que posent les intelligences artificielles et les mégadonnées 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le constat général depuis les dernières années est que les machines progressent de plus en plus, la recherche dans ce domaine est en constante hausse, 2016 étant l’année phare de la recherche en intelligence artificielle, selon AI Index . 

Voici les pays ayant les plus grandes parts en Intelligence artificielle : 

Parmi les piliers de l’intelligence artificielle, nous retrouvons les Etats Unis, maîtres incontestés dans la matière, ce sont les précurseurs du domaine 

La Chine, le rival Américain, n’est pas sur le podium, elle est à la traîne en parts, ce qui ralentit leur course à la première puissance mondiale. 

1 La France en deuxième position des pays européens les plus actifs dans l'IA https://www.journaldunet.com/solutions/dsi/1486245-la-france-en-deuxieme-position-des-pays-eur opeens-les-plus-actifs-dans-l-ia/

Le Royaume-Uni se hisse en tête des pays européens les plus dynamiques en matière d’intelligence artificielle avec 529 entreprises positionnées dans ce domaine, soit 27% du total européen. La France occupe, elle, une solide deuxième place avec 424 entreprises dans l'IA (21%). Au sein du top 5, les pays suivant sont largement distancés. On y retrouve d'abord l'Allemagne avec 182 acteurs (9%), puis l'Espagne avec 92 (5%) et, enfin, les Pays-Bas avec 70 (3%). 

II. 1. Intelligence artificielle : ses capacités et ses limites 

L’IA a bel et bien démontré sa capacité à surpasser des humains à certains jeux complexes. Pourtant, les machines intelligentes sont encore incapables de répondre à des questions simples, par exemple: « Qui a une crinière si c’est un mâle, vit en Afrique et ressemble àun gros chat jaune et marron? », l’ordinateur du MIT a répondu chien, chat, créature et maison. 

Ce manque de jugement relatif est une conséquence des modes d’apprentissage supervisés employés actuellement. 

● Avec l’apprentissage profond (deep learning), les machines et les robots apprennent à reconnaître et à modéliser un élément à partir de données. 

Par exemple: pour apprendre àidentifier une voiture sur une image, l’IA aura étéconfrontée àdes millions d’images d’automobiles, sous tous les angles possibles, afin de développer sa capacitéàreconnaître les éléments spécifiques composant un véhicule de ce genre : roues, phares, pièces de carrosserie, etc. 

● L’autre grande méthode d’apprentissage actuelle est le renforcement (reinforcement learning). Le programme apprend ce qu’il convient de faire dans différentes situations afin de mieux comprendre son environnement. 

Ces deux modes d’apprentissage nécessitent des données et des associations (vrai/faux, correct/incorrect, gagné/perdu), lesquelles sont déterminées par un humain, dans un cadre structuré et relativement prévisible. Toutefois, les chercheurs se penchent présentement sur de nouveaux modes d’apprentissage de l’IA non supervisés qui permettront aux machines de prendre des décisions autonomes à partir de données et de règles dont elles se seront elles-mêmes dotées, sans intervention humaine. 

Au sens large, l'intelligence artificielle désigne l'ensemble des technologies capables de reproduire les capacités analytiques d'un être humain. ... C'est pour cette raison qu'aujourd'hui, le Big Data et l'IA sont voués à fonctionner ensemble de manière inévitable : on parle même de “Big Data Intelligence”. 

II. 2. Big Data 
II. 2 . a. Définition 

C’est une combinaison de données structurées, semi structurées, non structurées collectée par des organisations et qui peuvent être destinées à nombreuses fins de divers ordre : Cela peut aller de petites entreprises cherchant à viser une certaine clientèle à gérer/créer/mettre terme à des conflits internationaux, le Big Data est stocké dans des Data Centers, les grandes entreprises comme Google ou des organisations gouvernementales en possèdent.

II. 2. b. Big Data : intérêt et risques : 

L’intérêt du Big Data, c’est de pouvoir tirer profit de nouvelles données produites par tous les acteurs – les entreprises, les particuliers, les scientifiques et les institutions publiques – dans le but d’optimiser son offre commerciale, ses services, développer la recherche et le développement mais aussi créer des emplois. 

Les données numériques, personnelles ou non, sensibles ou non, circulent en permanence sur les réseaux sociaux et plus généralement sur le web. De haute valeur, elles sont exploitées comme minerai pour alimenter des bases de données (le fameux « big data ») et profiler les internautes.

 
II. 2. c. Où sont regroupées ces données? : “data centers” 

Un data center ou centre de données est un site physique regroupant des installations informatiques (serveurs, routeurs, commutateurs, disques durs...) chargées de stocker et de distribuer des données (data en anglais) à travers un réseau interne ou via un accès Internet. Les entreprises possédant des bases de données, tous les sites Internet, les services de cloud computing hébergent leurs activités dans des data centers. Il peut s'agir d'installations privées à usage exclusif ou bien de centres de données administrés par des prestataires qui regroupent plusieurs clients 

Les centres de données sont utilisés par des institutions et des services d'une grande diversité : 

les agences gouvernementales; les institutions financières; les fournisseurs d'informations en ligne; les réseaux sociaux; les services de courriers électroniques et de messagerie instantanée; les fournisseurs de cloud computing; les services de jeux en ligne; les entreprises de télécommunications, etc… S’y trouvent donc des informations sensibles qui doivent être physiquement et numériquement protégées. Les centres sont donc très sécurisés: alarmes, portails et portes de sécurité, pare-feu. Les adresses de certains centres sont même tenues secrètes. Tout doit être fait pour empêcher les intrus et les pirates électroniques d'entrer d'une manière ou d'une autre. 

De nombreux types de centres de données et de modèles de service sont disponibles. Leur classification dépend du fait qu'ils appartiennent à une ou plusieurs organisations, comment ils s'intègrent (s'ils s'intègrent) dans la topologie d'autres centres de données, quelles technologies ils utilisent pour le calcul et le stockage, et même leur efficacité énergétique. Il existe quatre principaux types de centres de données : 

- Centres de données d'entreprise: Ceux-ci sont construits, détenus et exploités par des entreprises et sont optimisés pour leurs utilisateurs finaux. Le plus souvent, ils sont hébergés sur le campus de l'entreprise. - Centres de données de services gérés. Ces centres de données sont gérés par un tiers (ou un fournisseur de services gérés) pour le compte d'une entreprise. L'entreprise loue l'équipement et l'infrastructure au lieu de les acheter. 

- Centres de données de colocation: Dans les centres de données en colocation ("colo"), une entreprise loue de l'espace dans un centre de données appartenant à d'autres et situé hors des locaux de l'entreprise. Le datacenter de colocation héberge l'infrastructure : bâtiment, refroidissement, bande passante, sécurité, etc., tandis que l'entreprise fournit et gère les composants, notamment les serveurs, le stockage et les pare-feu. publique-600x338 

- Centres de données cloud: Dans cette forme de centre de données hors site, les données et les applications sont hébergées par un fournisseur de services cloud tel

qu'Amazon Web Services (AWS), Microsoft (Azure) ou IBM Cloud ou un autre fournisseur de cloud public 

Ainsi, les centres de données n’étant pas toujours entièrement reliés à son utilisateur, notamment dans le cas des données sensibles des entreprises, des enjeux se présentent quant à la sécurité de ces informations. 

II. 2. d. Pourquoi ces données sont-elles si convoitées? 

L’explication est relativement simple : posséder de la Big Data, c'est exercer un pouvoir et engranger des revenus importants et il est important pour les acteurs de ce milieu d’en posséder les plus rares pour réussir leurs divers objectifs. Il est capital de savoir comment trier les données constituant le big data, puisqu' il est évident que certaines données valent moins que d’autres. 

Pour concevoir toujours plus et mieux, il est important que les pays et entreprises (principalement Google Amazon Facebook Apple Microsoft pour les USA et aidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi pour la Chine) disposent de ces données pour innover, d'où le fait que les grandes puissances s'y intéressent particulièrement. 

Grâce aux quantités importantes de données récoltées,les Gafam connaissent sans doute les secrets .Le site Web Security Baron a examiné les politiques de confidentialité de Facebook, Google, Apple, Amazon, Microsoft, mais aussi Twitter afin de créer un document infographique révélant toutes les données qui sont amassées 

Facebook est un cas extrême, on recueille des informations sensibles des utilisateurs: travail, revenu, origine ethnique, religion, les opinions politiques ou encore les publicités sur lesquelles ils cliquent. Ces informations s'ajoutent aux informations personnelles telles que les numéros de téléphone, les adresses e-mail, les situations géographiques ou les appareils qu’on utilise. Comme le souligne Security Baron, ces données peuvent être exploitées par les annonceurs, et sont également très convoitées par les cybercriminels. 

En comparaison, Twitter est beaucoup moins gourmand. Contrairement à Facebook, Google et Microsoft, le service de microblogging ne collecte pas le nom, le sexe ou la date de naissance d'un utilisateur. Il est satisfait du numéro de téléphone, de l'adresse e-mail, du fuseau horaire et des vidéos visionnées. Cela explique pourquoi cette firme est moins rentable. 

Microsoft et Google ne sont pas en reste, puisque l'assistante virtuelle Cortana est à l'écoute en permanence et Gmail passe en revue tous vos emails. Google conserve votre historique de navigation, votre activité sur le Web ou l'historique de vos emplacements géographiques. 

Selon Security.org, Google et Facebook sont les deux GAFAM qui collectent le plus de données. Au contraire, Apple et Amazon respectent davantage votre vie privée. Cette différence s'explique par le fait que leurs revenus sont moins directement liés à la publicité. 

La Chine possède des équivalents aux grandes firmes Américaines : 

- Baidu : moteur de recherche 

- Alibaba : Achats en ligne 

- Tencent : Services internet et mobile 

- Xiaomi : Téléphonie mobile et électronique grand public 

Prenons l’exemple d’Ali Baba, c’est la plus grande entreprise technologique de Chine et ses techniques Big Data sont comparables à celles d'Amazon; Alibaba est surtout connu pour son activité de commerce électronique, mais elle va plus loin que cela. Alibaba utilise le Big Data sur la vente au détail en ligne, la gestion des stocks, la logistique, les assurances ainsi que le financement des prêts. Zhang, CEO de la firme se prononça sur le sujet du Big Data, il a déclaré en 2017 à un forum économique en Suisse que la technologie apporterait un grand changement dans la chaîne d'approvisionnement, car le Big Data est désormais capable de calculer les données de vente en temps réel pour prédire avec précision la demande. 

Toujours en Chine, le gouvernement utilise le Big Data dans un système de crédit social, qui juge en fonction de tout ce que vous faites en tant que citoyen Chinois. Un système du nom de Sesame et appartenant à Jack Ma (pdg de ali baba) est construit grâce à une invisible toile de big data. 

II. 2. e. Et les libertés face à ce géant, existent t-elles encore? 

L’intelligence artificielle a une place de plus en plus importante dans notre vie. à cet égard, elle constitue à la fois une menace et une opportunité pour les individus dont les données sont collectées et utilisées par les marques et différents acteurs numériques. Son développement peut porter atteinte à plusieurs libertés et droits fondamentaux, comme le droit au respect de la vie privée et à la protection des données personnelles, la liberté de circulation… 

Une donnée à caractère personnel ou DCP à toute information relative à une personne physique identifiée ou qui peut être identifiée, directement ou indirectement, par référence à un numéro d'identification ou à un ou plusieurs éléments qui lui sont propres. ces données peuvent être des données sensibles : qui révèlent la prétendue origine raciale ou ethnique, les opinions politiques, les convictions religieuses ou philosophiques ou l'appartenance syndicale, ainsi que le traitement des données génétiques, des données biométriques aux fins d'identifier une personne physique de manière unique, des données concernant la santé ou des données concernant la vie sexuelle ou l'orientation sexuelle d'une personne physique, ou pas. 

Juridiquement, les termes « privacy » et « libertés individuelles » sont définis comme la capacité et la possibilité pour un individu de maîtriser la diffusion de ses données personnelles : à qui, quand, où, pourquoi ? 

Partout dans le monde, on observe un décalage entre attitudes et comportements. Alors que les gens se disent très soucieux du respect de leur vie privée, les individus n’hésitent pas à prendre des risques et à communiquer leurs données personnelles, ou à accepter qu’elles soient collectées. L’explication tient dans le décalage temporel entre les menaces et les bénéfices liés à l’exploitation de ces données : si le risque paraît lointain et abstrait, les bénéfices, eux, sont souvent immédiats et concrets. 

Ceci nous amène à nous demander si les libertés individuelles existent encore face à cette massive récolte de données qui proviennent de sources variées : séquence et durée de visite des pages web, applications des smartphones, réseaux sociaux, objets connectés, etc. Elles sont traitées par des algorithmes dans l’idée générale de déduire une probabilité de comportement de l’individu à partir des données et comportements connus sur les autres individus. l’individu se sent observé et surveillé puisque tout est traqué. 

Donc une conscience individuelle des implications de nos pratiques numériques et une législation respectueuse des libertés sont indispensables pour préserver un droit à la vie privée pérenne et universel. Le système atroce Chinois de surveillance et de crédit social, jugeant votre bonté en tant que citoyen, est l’un des pires cas de non respect de la vie privée. 

 https://www.alternatives-economiques.fr/chine-etats-unis-bataille-big-data/00100451

II.3. Les enjeux problématiques de l'IA et du Big Data: 
II. 3. a. La propriété des données personnelles 

Le comité économique et social européen3 a identifié 11 domaines dans lesquels l’IA soulève des enjeux de société, dont : l’éthique, la sécurité, la vie privée, les normes du travail ainsi que la législation et la réglementation. 

L’IA est le plus souvent présentée comme un moyen d’améliorer et de perfectionner les processus existants de façon spectaculaire. Or, l’IA est bien plus qu’une technologie, elle représente une manière nouvelle d’interagir avec notre environnement, qui n'est donc pas sans risques. 

- A qui appartiennent nos données à caractère personnel ? 

(“si c’est gratuit, vous êtes le produit”.) 

Il n’existe pas de « propriété de la donnée » en tant que tel. Personne n’est en réalité propriétaire des données, car la donnée elle-même est le support d’une simple « information » non protégeable par le droit de propriété intellectuelle. Cependant certaines données échappent à la qualification d’information et seront protégeables dès lors qu’elles contiennent une œuvre 

- Vos données personnelles peuvent être volées convoitées par les pirates informatiques. Ils peuvent en faire de multiples usages: 

■ Usurper votre identité en se faisant passer pour vous sur des 

réseaux sociaux, par mail, afin d’escroquer vos contacts ; 

■ Utiliser des données personnelles très sensibles afin de faire du 

chantage à la divulgation ; 

■ Agir, en votre nom, sur des sites d’e-commerce, en utilisant votre 

carte de crédit. 

- Le texte de Jullian McLaughlin illustre comment, dans le cas de l’allocation du crédit aux États-Unis, la gouvernance algorithmique permet de trier les consommateurs en catégories de risque. L’utilisation des données massives par les modèles d’évaluation alimente le profilage puisqu’il reproduit les discriminations basées, entre autres, sur la race et la religion. Ces applications du Big Data, comme technique de data mining, interrogent la fiabilité des modèles et des prédictions. Cela a des airs d’un monde dystopique. 

Le big data est par sa définition même sujet à un autre danger intrinsèque majeur : le « déluge de données » (data deluge). Celui-ci correspond à une surproduction d’informations que l’on ne sait pas traiter correctement, ou sinon au détriment de leur véracité ou de leur valeur. Il se traduit par une pollution comparable à une marée noire d’informations dont on 

ne peut s’extirper, causant des dysfonctionnements et une augmentation de l’entropie (du désordre) dans notre monde numérique. Certains experts parlent aussi d’« infobésité » pour décrire ce phénomène de surcharge d’informations. 

Concernant l’IA, certains métiers manuels disparaîtraient totalement pour être remplacés par des machines, conçues grâce aux masses de données qui constituent le big data, et cela est en soit une perte colossale en terme de libertés individuelles, ou l’humain ne pourrait plus prétendre à certains métiers (les milieux de l’agriculture, de la banque sont concernés) et la situation ne s'améliore pas. 

3l'assemblée consultative des partenaires économiques et sociaux européens

II.3.b. La cybersécurité est un véritable enjeu

Les données sont aussi nécessaires à l’IA que l’essence à une automobile : sans elles, la machine ne fonctionne pas. Les risques technologiques et numériques s’en trouvent décuplés. Pour garantir l’intégrité des outils et logiciels reposant sur l’IA, il faudra s’assurer que les infrastructures informatiques sont protégées contre les cyber attaques, lesquelles sont de plus en plus sophistiquées et nombreuses. De plus, la protection des données est un sujet sensible au sein de la population mondiale. La récente entrée en vigueur du Règlement général sur la protection des données en Europe en est une illustration. 

En cas d'infraction mineure ou si l'amende susceptible d'être infligée constituerait une charge disproportionnée pour une personne physique, un blâme peut être prononcé en lieu et place d'une amende. L'imposition de sanctions, y compris des amendes administratives, devrait être soumise à des garanties procédurales appropriées conformément aux principes généraux du droit de l'Union et à la charte, y compris une protection judiciaire effective et une procédure régulière. 

La protection des données personnelles confiées par les individus aux entreprises en Chine s’est développée très rapidement, surtout avec la Loi Cybersécurité de 2016 dont 11 articles sont consacrés à la protection des données. 

Les entreprises utilisant des données devront plus que jamais veiller au respect de cette réglementation. 

Pour Yoshua Bengio, professeur à l’Université de Montréal, directeur de l’Institut des algorithmes d’apprentissage de Montréal et codirecteur du programme Learning in Machines and Brains de 

l’Institut canadien de recherches avancées , la réflexion sur la réglementation et la protection des données dans le cadre de l’IA devra se faire collectivement, et pas simplement au sein des entreprises qui utilisent ou produisent l'IA et des données. Selon lui, les citoyens devront également y prendre part. 

La cybersécurité est d’une importance capitale dans le monde géopolitique, on retrouve certains graves de cyber attaques contre des organisations gouvernementales, et cela peut avoir des conséquences dévastatrices comme des cyber guerres. Récemment, des hackers russes et chinois ciblaient la presidentielle Americaine (personnel des équipes Trump et Biden), cela fut révélé par Microsoft. On remarque que le big data peut être utilisé à des fins malicieuses dans des domaines ultra sensibles comme ce cas. 

Exemples 

Un autre cas préoccupant se produit en Novembre 2008, 10 personnes armées, faisant partie de Lashkar-e-Taiba ), un groupe separatiste Kashmiri,a attaqué de nombreux sites publics à Mumbai, à l’aide d’armes automatiques et de grenades, tuant 164 personnes et 300 blessés. Cela fut en partie possible à cause de données ouvertes disponibles sur Internet par un procédé d’exploration de données ( Twitter, Google et divers réseaux sociaux) 

Ici, le Big Data sert à menacer le gouvernement Indien. 

Questions à se poser 

A qui reviendra la responsabilité des décisions prises ou des actions menées par une machine ou un robot intelligent? 

Peut-on présumer que le fabricant sera responsable des risques liés à la conception et le propriétaire, de ceux découlant de l’usage?

II.4. Les solutions: 

Protéger sa vie privée: Les différents services ont la possibilité d’utiliser les informations privées de chacun et en faire ce qu’ils veulent, ainsi pour éviter tout cela, il suffit de mettre en place des campagnes d’informations sensibilisant le public sur l’utilisation de leurs données. Les conseils peuvent être du genre: 

➢ Ne pas partager l'entièreté de sa vie privée et ses informations sur les réseaux sociaux ou les sites sans avoir lu les termes et les conditions de ces derniers. ➢ Avoir une double sécurité sur ses comptes 

➢ L’utilisation d’un Adblock, etc.. 

Une embauche d’experts en cybersécurité pour la plupart des entreprises est nécessaire pour la protection des données de non seulement ces dernières, mais aussi celles des utilisateurs. 

Ensuite, la question du déluge des données, pour contrer cela, une mise en place de politiques efficaces de conservation et de destruction des données est nécessaire, puisque l’exploitation des données est plus difficile que de les stocker. Plusieurs logiciels ont été créés pour résoudre ce problème comme l’exemple de Hadoop qui permet de gérer les données massives. C’est une véritable surcharge d’informations où la délétion d’informations n’est pas un choix puisqu’on ne peut pas déterminer lesquelles sont utiles et lesquelles ne le sont pas. Il est surtout nécessaire de résoudre les problèmes d'intégration de données grâce à de nombreux outils informatiques (ex: IBM InfoSphere) et en embauchant encore une fois des experts et en révisant les politiques commerciales existantes. 

Pour la disparition de certains métiers comme chauffeur de bus, caissier, ouvrier, réceptionniste, enseignant, etc… La solution est simple puisque plusieurs nouveaux métiers apparaissent dans le secteur technologique et créent de nouvelles opportunités aux personnes touchées, c’est pour ça qu’il faut dès maintenant s’adapter à ces changements rapides pour ne pas être choqué le jour où tout change. Les métiers qui ont à voir avec la programmation et les ordinateurs seront plus demandés, comme l’exemple des ingénieurs, puisque c’est vers cette direction numérique vers laquelle se dirige notre monde. 

II.5. Exemples d’application de la Big Data dans différents pays et dans différents domaines (parmi d’autres) 

4-France : 

Dans chaque pays européen, une instance est chargée de contrôler la bonne application du 

4 https://donnees-rgpd.fr/traitement-donnees/ 

https://la-rem.eu/2017/07/aux-etats-unis-donnees-personnelles-biens-commerciaux-autres/ 

https://www.zdnet.fr/actualites/le-rgpd-a-la-chinoise-entre-en-vigueur-dans-l-empire-du-milieu-39931727.htm https://www.acteurspublics.fr/articles/larabie-saoudite-se-dote-de-sa-premiere-loi-sur-la-protection-des-donnees-personnelles#:~:text =Apr%C3%A8s%20le%20Qatar%20en%202018,la%20protection%20des%20donn%C3%A9es%20personnelles.&text=Il%20ne%20sera%2 0 plus%20possible,'elle%20soit%20d'accord. 

https://www.afcdud.com/fr/transport-afcdud/387-bigdatachina.html

RGPD.

En France, c’est la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL) qui remplit cette mission et qui définit le traitement des données comme suit : “Un traitement de données personnelles est une opération, ou ensemble d’opérations, portant sur des données personnelles, quel que soit le procédé utilisé. Un traitement de données personnelles n’est pas nécessairement informatisé : les fichiers papier sont également concernés et doivent être protégés dans les mêmes conditions. Un traitement de données doit avoir un objectif, une finalité déterminée préalablement au recueil des données et à leur exploitation”. 

Lorsque l’on parle de traitement des données, on entend le recours à différents procédés : collecte, enregistrement, organisation, conservation, adaptation, modification, extraction, consultation, utilisation, communication par transmission ou diffusion ou toute autre forme de mise à disposition, rapprochement. Plusieurs exemples permettent d’illustrer ce principe de traitement d’informations :

-Consultation de données de contacts comprenant des données personnelles -Campagne d’e-mails promotionnels 

-Conservation d’adresse IP 

-Conservation d’enregistrements de vidéosurveillance 

-Publication d’une photo d’une personne sur internet 

Etats-Unis 

Cela fait maintenant de nombreuses années que les modèles économiques des Google et autres Facebook sont parfaitement connus et clairement admis par les utilisateurs. Il en va souvent différemment en Europe. Surtout, le droit est, par exemple en France, beaucoup plus strict à l’égard de ces services. Et il impose un niveau d’exigence supérieur aux FAI car Google ou Facebook sont encadrés par des textes spécifiques qui leur permettent de valoriser les données qu’ils collectent, celles-ci constituant leur unique source de revenus. Or, aux États-Unis, FAI (Fournisseur d'accès à Internet) et services du web sont peu ou prou logés à la même enseigne : ils peuvent utiliser très librement les données récoltées auprès de leurs abonnés. 

Chine : 

Adoptée en août, la "RGPD chinoise" est entrée en vigueur le 1er novembre. Elle énonce des règles concernant la collecte, l'utilisation et le stockage des données, ainsi que les mesures que doivent prendre les entreprises internationales lorsqu'elles transfèrent des données hors du pays. 

Arabie-Saoudite 

Après le Qatar en 2018, l'Arabie Saoudite vient de se doter de sa première loi sur la protection des données personnelles. ... Il ne sera plus possible, par exemple, d'utiliser les données d'une personne à des fins de marketing ou de sensibilisation sans qu'elle soit d'accord. Et jusqu’à maintenant l’Arabie-Saoudites est en train d’évoluer dans ce domaine. 

Mais l’utilisation des mégadonnées “Big Data” reste omniprésente dans notre vie: 

II .5. a. Les applications dans le domaine de la santé: 

Suite à la pandémie du COVID-19, chaque pays a établi une application sur le téléphone permettant d’afficher l'état de santé d’une personne et pour indiquer si elle est saine, vaccinée, ou pas. ex: KSA Tawakalna et Sehaty. 

Pourtant, certaines personnes estiment que ces dernières sont un risque énorme aux libertés individuelles puisqu’elles arrivent à localiser une personne en permanence et d’une precision inouie mais egalement stocker ses données personnelles (age, sexe, gouts).

II. 5 . b. Le e-commerce: 

Les mégadonnées ont commencé en Chine de la même manière qu'elles l'ont fait en Occident : comme un effort pour utiliser les informations que les sites Web recueillaient sur les clients pour vendre plus de produits. La publicité et le commerce électronique restent les principales utilisations du big data. L'un des premiers exemples a été l'utilisation par Baidu des mégadonnées dans son moteur de recherche. « Les moteurs de recherche font ce qu'on appelle aujourd'hui le big data depuis le tout début », a déclaré le porte-parole de Baidu, Kaiser Kuo. 

III. Libertés individuelles : 
III.1. Ce qui les protège aujourd’hui 

L’évolution du Big Data amène avec elle la question de la protection des données et du respect de la vie privée, ce qui est d’ailleurs le plus gros challenge à relever aujourd’hui. 

III.1.a. conventions et accords mis en place pour garantir la protection des données des individus. 

Depuis 2018, l’Union européenne encadre la collecte, l’analyse et le traitement des données personnelles avec le Règlement général sur la protection des données (RGPD). 

La RGPD a d’ailleurs complétée la loi sur la protection des données, la loi “informatiques et libertés” de 1995, qui dit que le données personnelles doivent être collectées dans un but bien précis, explicite et surtout légitime mais oblige aussi à ce que l’internaute soit informé de la collecte des données le concernant. 

L'institut d'études marketing BVA et Novulys (spécialisée dans le traitement de données CRM et Big Data) ont annoncé récemment la signature d'un partenariat qui permettra de développer une offre de modélisation des données parfaitement sécurisée. 

L'accord, "Données ouvertes dans un monde de Big Data», a été développé par quatre organisations scientifiques internationales et propose 12 principes pour guider le libre accès aux mégadonnées financées par des fonds publics. 

La France envisage d'utiliser le Big Data dans la criminologie, dans les lieux où le taux de délinquance est élevé. Pour une étude et analyse de données et de statistiques renforçant la sécurité. 

Il est tout d’abord important de préciser que les libertés individuelles sont des libertés fondamentales. Elles sont garanties dans certaines constitutions et certaines conventions et

organismes veillent à leur sauvegarde, comme la Constitution Française ou encore la Convention Européenne des droits de l’Homme. Ces lois visent à empêcher une trop grande atteinte à la vie privée et cherche à empêcher les risques de perte d’autonomie engendrés par certains facteurs, dont le Big Data… 

Quelques lois: 

“Aux termes de l’article 2 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen : « Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression ».” 

Aussi, l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales dispose que 

« Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui ». 

En ce qui concerne les données publiques, la démarche d’ouverture est déjà largement engagée, et la France apparaît bien placée en la matière au niveau international : droit d’accès et de réutilisation des documents administratifs (dans le cadre de la loi « CADA » du 18 janvier 1978) et publication en ligne de plus de 18 000 jeux de données sur le site data.gouv.fr. S’il est vrai que cette démarche vise avant tout une meilleure transparence de l’action publique, la mission regrette cependant l’absence d’évaluation de l’activité économique générée par cette ouverture. 

Il existe en Europe la RGPD, un organisme visant à la protection des données personnelles. Elle permet notamment aux personnes de choisir les données qu’ils veulent préserver ou celles qui seront exploitées. 

En Europe, le droit à l’oubli existe également, et il permet à n’importe quelle personne de demander la suppression de données personnelles le concernant sur le Web.

Les lois et organismes de la sorte se trouvent surtout dans les pays occidentaux et plus particulièrement en Europe, où le plus de transparence possible est promise. 

De plus, une sensibilisation de la population est mise en place notamment dans les écoles, pour former la nouvelle génération qui sera confrontée à ce problème. Des cours dans l’année sont donnés sur ce genre de sujets. Il y a un réel apprentissage à la gestion et la protection de ses données personnelles. 

Les mesures prises restent en majorité du volontariat de la part de la population. Un apprentissage personnel, avec l’utilisation de logiciels ou la prise de certaines mesures. 

III.2. Ce qui reste à faire, à l’échelle des pays 

l’UE: 

s’appuie sur un cadre juridique fort( en termes de protection des données, de droits fondamentaux, de sûreté et de cybersécurité) 

Selon ce principe, la première priorité pour concrétiser la vision est de mettre en place un cadre législatif générique pour la gouvernance des espaces européens communs des données. 

Ces structures de gouvernance devraient soutenir des décisions sur la question de savoir quelles données peuvent être utilisées dans quelles situations, faciliter l’utilisation transfrontière des données et fixer des priorités concernant les exigences et les normes d’interopérabilité tant au niveau intra sectoriel que transsectoriel. 

Il s’appuiera sur les initiatives prises récemment dans les États membres 35 et les différents secteurs pour traiter un ou plusieurs des points suivants: 

- renforcer les mécanismes de gouvernance au niveau de l’UE et dans les États membres présentant un intérêt pour l’utilisation de données transsectorielles et pour l’utilisation de données dans des espaces de données communs sectoriels, associant des acteurs privés et publics. Il pourrait notamment s’agir d’un mécanisme permettant de fixer des priorités pour les activités de normalisation 36 et d’œuvrer à une description et une vue d’ensemble plus harmonisée des séries de données, des objets de données et des identificateurs de données afin de favoriser l’interopérabilité des données (c’est-à-dire la possibilité de les utiliser à niveau technique 37) entre secteurs et, le cas échéant, à l’intérieur des secteurs 38 . Cela peut se faire conformément aux principes FAIR pour les données (données faciles à trouver, accessibles, interopérables et réutilisables) en tenant compte des évolutions et des décisions des autorités sectorielles. 

- faciliter les décisions consistant, dans le cas de projets de recherche scientifiques, à établir quelles données peuvent être utilisées, comment, et par qui, dans le respect du RGPD. Cela est particulièrement vrai pour les bases de données détenues par le secteur public

contenant des données sensibles qui ne sont pas couvertes par la directive sur les données ouvertes; 

- permettre aux particuliers d’autoriser plus facilement l’utilisation des données qu’ils produisent pour le bien public, s’ils le souhaitent («altruisme en matière de données»), dans le respect du RGPD 

Chine : 

A l’échelle mondiale, on estime le marché du Big Data à 42 milliards de dollars. A l’heure actuelle, cette industrie en plein essor est largement dominée par la Chine Le Big Data est aujourd’hui utilisé dans toutes les industries en Chine : retail, gouvernement, santé, éducation, transports… 

En outre, à l’heure où le gouvernement près de 70% des bases de données, le partage et l’ouverture des données seront nécessaires pour permettre leur exploitation. Par exemple, la province de Chengdu, capitale de la province de Sichuan, a mis en place un département Big Data pour promouvoir le développement de l’industrie. Une plateforme permet ainsi d’accéder à 604 bases de données ouvertes.De telles initiatives sont amenées à se généraliser dans tout le pays, et devraient permettre à la Chine d’asseoir sa domination sur l’industrie du Big Data. Par extension, il est probable que la Chine règne sur d’autres technologies liées aux données comme l’intelligence artificielle et le Machine Learning… 

 

USA: 

Dans la plupart des États, les entreprises peuvent utiliser, partager ou vendre les données qu'elles recueillent à votre sujet sans vous en informer. 

Aucune loi nationale ne définit quand (ou si) une entreprise doit vous avertir si vos données sont violées ou exposées à des parties non autorisées. 

Si une entreprise partage vos données, y compris des informations sensibles telles que votre santé ou votre localisation, avec des tiers (comme les courtiers en données), ces derniers peuvent ensuite les vendre ou les partager sans vous en informer. "La plupart des gens pensent qu'ils sont protégés, jusqu'à ce qu'ils ne le soient plus", a déclaré Ashkan Soltani, chercheur indépendant et ancien technologue en chef à la Federal Trade Commission. "Malheureusement, comme cet écosystème est principalement caché et non transparent, les consommateurs ne sont pas en mesure de voir et de comprendre le flux d'informations." 

La loi européenne complète sur la protection de la vie privée, le Règlement général sur la protection des données (RGPD), exige que les entreprises demandent certaines autorisations pour partager des données et donne aux individus des droits d'accès, de suppression ou de contrôle de l'utilisation de ces données. Les États-Unis, en revanche, ne disposent pas d'une loi unique qui couvre la confidentialité de tous les types de données. Ils disposent plutôt d'un ensemble de lois portant des acronymes tels que HIPAA, FCRA, FERPA, GLBA, ECPA, COPPA et VPPA, conçues pour cibler uniquement des types de données spécifiques dans des circonstances particulières (souvent dépassées). 

Russie : 

VTB, la deuxième plus grande banque de Russie, a commencé à utiliser l’intelligence artificielle pour déterminer les emplacements idéaux pour les succursales et les guichets automatiques.La banque a développé et mis en œuvre un modèle d’apprentissage automatique (ML) qui utilise l’analyse Big Data pour prédire la demande de services

bancaires dans des endroits spécifiques de la ville.Chacun des algorithmes est utilisé pour travailler avec des données spécifiques. Par exemple, l’un d’eux permet d’évaluer les changements de comportement des clients pendant la période de rénovation d’une agence, tandis qu’un autre choisit l’emplacement optimal pour une nouvelle agence tant pour le client que pour la banque en termes de commodité et d’accessibilité.À l’aide du nouveau modèle, VTB a effectué des calculs pour toutes les grandes villes russes où il travaille avec des clients de détail. Bientôt, la banque terminera les calculs pour l’ensemble du réseau. 

France : 

En ce qui concerne les données publiques, la démarche d’ouverture est déjà largement engagée, et la France apparaît bien placée en la matière au niveau international : droit d’accès et de réutilisation des documents administratifs (dans le cadre de la loi « CADA » du 18 janvier 1978) et publication en ligne de plus de 18 000 jeux de données sur le site data.gouv.fr. S’il est vrai que cette démarche vise avant tout une meilleure transparence de l’action publique, la mission regrette cependant l’absence d’évaluation de l’activité économique générée par cette ouverture. 

La mission propose à ce titre d’imposer la publication des données essentielles des SPIC2 et des contrats de subventions, et d’introduire par défaut dans les contrats de concessions ou de subventions des clauses open data concernant les données d’exploitation. Par ailleurs, la mission propose d’élargir les droits de réutilisation de ces données, tout en veillant à ne pas déstabiliser les SPIC au sein de leur environnement concurrentiel : d’une part en étendant la liberté de réutilisation aux données des SPIC en situation de monopole (et à ceux listés explicitement par la loi, par exemple car jugés en situation de faible concurrence) ; d’autre part en appliquant aux autres SPIC un régime de réutilisation modulable.

Sujet: Les libertés individuelles face à l’intelligence artificielle, le big data et la robotique
Comment organiser la coexistence des libertés individuelles et les nouvelles avancées en intelligences artificielles sur le plan international? 

Conclusion

Pour pouvoir organiser la coexistence des libertés individuelles et les nouvelles avancées en intelligences artificielles sur le plan international, étant donné de l’explosion du Big Data, des mesures ont été prises afin de réguler ce tout nouveau concept qui à l’air de presque surcharger certains pays, ainsi, chacun essaye de trouver un moyen de transformer cette difficulté à gérer les données en un outil de surveillance, de développement économique (des entreprises par exemple). 

Il est tout de même difficile de mettre en place des réglementations à l'échelle internationale, parce que beaucoup de pays n’ont pas intérêt à ce qu’il y ait des limitations sur la préservation de ses données (comme la Chine), ou sont en positions de force comme les USA , qui possèdent 42% des datas centers implantés dans le monde. 

Si l’on arrive pas à mettre en place cette coexistence, qu'adviendra-t-il du futur? Il serait intéressant de se demander quels seront les impacts négatifs du développement du Big Data et de l'Intelligence Artificielle ?