Le partage discuté de la région

 

Les limites de souveraineté sur l’espace maritime ont été définies lors de la convention de Montego Bay du droit de la mer qui s’est tenue en 1982. Son but est de délimiter des ZEE (Zone économique exclusive) pour chaque Etat. Dans cette zone, les Etats peuvent exploiter les ressources telles que les poissons et les hydrocarbures.

Un schéma qui illustre la répartition de la souveraineté selon la convention de Montego Bay :

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Or, en mer de Chine, les Etats riverains ne sont pas d’accord sur le tracé de ces ZEE. Ci-dessous, la carte de gauche indique en bleu les limites reconnues officiellement ainsi que les revendications chinoises. La carte de droite indique l’ensemble des revendications dans la zone qui se superpose.

La Chine revendique la “ligne de 9 traits”, une frontière historique, qui a été jugée “illégitime” à la cour pénale internationale en 2016. Malgré tout, dès le début du XXIe siècle, la Chine a lancé des projets de construction d'îles artificielles (la poldérisation) sans prévenir les pays voisins qui sont légalement détenteurs de ces récifs.

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Les points de tensions les plus forts

          - Les îles Spratleys : ces 14 îlots sont revendiqués par la Chine, La Malaisie, Le Vietnam, Les Philippines, Taïwan et le Brunei. Depuis 2013, la Chine construit une “grande muraille de sable” qui sont des îlots artificiels sur lesquels elle installe des bases militaires dont potentiellement, une base de sous-marins nucléaires. En 2016, le tribunal d’arbitrage a considéré que la Chine ne pouvait prétendre à une ZEE en raison de ces îles. Le but de chaque pays est de s’approprier les ressources en hydrocarbures de la zone. 

          - Taïwan : historiquement, cette île est chinoise. En 1949, lors de la création de la République populaire de Chine par Mao, les opposants dirigé par Tchang Kai Tchek décidèrent de se réfugier sur cette île pour y conserver la République de Chine (RPC). En 1972, les Etats-Unis se rapprochent de la République populaire de Chine et ne reconnaissent plus Taïwan comme la Chine officielle. C’est la politique de ”la Chine unique”. Pourtant, afin de conserver leurs liens avec Taïwan, les États-Unis s’engagent à continuer à protéger militairement la zone. Taïwan se développe donc sous une économie libérale et devient premier producteur de puces électroniques au monde. Aujourd’hui, la RPC considère Taïwan comme territoire chinois et ne reconnaît donc pas sa ZEE dans laquelle des navires de pêche chinois viennent régulièrement provoquer les forces militaires américaines. 

          - Les îles Senkaku : ces îles japonaises sont entourées par des hydrocarbures. Depuis 1971, la Chine et Taïwan revendiquent ces îlots considérant la présence japonaise comme une occupation. Comme pour Taïwan, les îles Senkaku sont sous la protection militaire des américains. 

          - Les îles Paracels : ces îlots entourés de poissons et d’hydrocarbures sont revendiqués par la Chine, Taïwan et le Vietnam. Pour le moment occupées par la Chine, ces îles restent l’objet de fortes tensions entre les différents pays.

 

Présentation des acteurs et de leur stratégie

La Chine doit s’assurer de soutien dans la zone et à l’international: 

         - l’organisation de Coopération de Shanghai (OCS) créée en 2001 a pour but premier de stabiliser les frontières en Asie centrale. Elle regroupe 8 États qui sont la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, l'Ouzbékistan, l’Inde et le Pakistan. Elle se considère comme un concurrent de l’OTAN mais la présence de l’Inde, de la Chine et de la Russie dans la même alliance ne permet pas un réel leadership. 

          - Dans le cadre de la “Chinafrique”, l’Etat chinois peut aussi compter sur le soutien de certains pays d’Afrique à l’international. Ils ont par exemple signé un accord avec Madagascar, qui leur donne le droit de pêcher sur ses côtes. 

          - Afin de financer ses projets, la Chine met en place le Silk Road Fund et la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures, assurant de solides relations diplomatiques à la Chine notamment en Asie centrale. La Chine assure ses liens avec d’autres pays par la diplomatie du cadeau. Elle offre des infrastructures à des pays en échange de leur collaboration et soutien. 

          - La Chine a également adhéré au “Partenariat régional économique global" (RCEP) qui représente la plus grande zone de libre échange au monde. Elle associe l’ASEAN, la Chine, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Corée du Sud et le Japon. 

          - La Chine envoie également des navires de pêche chinois dans des zones qui se situent au-delà de leur ZEE reconnue. Lorsque ces navires sont arraisonnés par des gardes-côte étrangers, la Chine intervient au nom de la défense de ses citoyens et se montre très agressive. 

Les Etats-Unis essayent de renforcer leurs alliances traditionnelles : 

           - Les États-Unis ont quitté l’Afghanistan pour pouvoir avoir une plus grosse concentration de troupes dans la mer de Chine. 

           - L’alliance Aukus comprend l’Australie, le Royaume-Uni et les États-Unis. - Le groupe du QUAD est un groupe de discussion sur le plan militaire entre les Etats-Unis, l’Inde, le Japon et l’Australie. 

           - Les Etats-Unis se rapprochent également du Vietnam et conservent leurs liens avec Taïwan, le Japon et la Corée du Sud. 

 
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Les nouvelles routes de la soie et le collier de perles

 

La RPC a lancé en 2013 le projet des nouvelles routes de la Soie ou Belt and Road initiative. Ce projet consiste à lancer des constructions nombreuses d’infrastructures dans 70 pays pour remplir deux objectifs: 

         - Faire le lien entre la Chine et l’Afrique afin d’assurer l’apport en matières premières. 3

         - Faire le lien entre le Chine et l’Europe, principal foyer de consommateurs. 

Ce projet isole, de fait, l’Amérique et donc les Etats-Unis et cherche à recentrer le centre de gravité économique mondial sur le continent asiatique. Il coûte à la chine 7000 milliards de dollars par an. 

Le long de la voie maritime qui relie la Chine au Moyen-Orient et à l’Afrique, la Chine installe des bases militaires, achète ou s’approprie des ports afin d’avoir des points d’attache tout au long de cette route. C’est ce qu’on appelle la stratégie du collier de perles.

 

 
 
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Résolutions de l’ONU déjà prises 

1. AG/729 26 novembre 1997: 

En 1997, l'Assemblée Générale a rédigé un document concernant le droit de la mer et l'ordre qui gouverne les océans. Ces documents ont établi un ordre légal sur les océans qui contribue à l'exploration de la mer à des fins pacifiques et à l'utilisation efficace des ressources maritimes. Le Tribunal international du droit de la mer a été créé et son rôle est de se consacrer au règlement des litiges maritimes. 

2. Cour d’arbitrage de la Haye - mardi 12 juillet 2016 

La Chine a été sévèrement désavouée mardi par une cour internationale à La Haye (Pays-Bas) qui a donné raison aux Philippines en statuant que les revendications de Pékin en mer de Chine méridionale n'ont «aucun fondement juridique».